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L’horreur d’une nuit: Je suis témoin du génocide. Du journal d’un habitant de Khodjaly

L’horreur d’une nuit: Je suis témoin du génocide. Du journal d’un habitant de Khodjaly

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C’était le soir de 25 février. En ces jours pénibles, les gens sont devenus très proches. Tout le monde s’effrayait. Les mains vers le ciel, les gens demandaient l’aide au Dieu, - ‘Que le Dieu nous aide’ ! Soudain on a entendu la fusillade du côté de l’aéroport, puis du village de Mehdikend. J’ai compté les côtés de la fusillade : juste 9 côtés. J’ai couru à la maison. Mon fils Rouslan se réveillait. Il a couru vers moi : ‘Papa, j’ai peur’. Notre voisine, la tante Firengiz, devenue pâle par la peur, est venue chez nous. ‘Il ne faut pas perdre le temps, emmènes les enfants à la cave, ne voyez pas comment ils tuent ?’, dit-elle d’une voix émue. Zehra, Imran, la tante Firengiz, l’oncle Latif, Zakir, Nasiba, ma femme Besti, Ruslan et Zaur, nous sommes descendus à la cave. Environ 500 personnes se sont rassemblées à la cave pendant 30 minutes. Les enfants, les femmes et les personnes attendaient l’aide devant la porte de la cave. On n’était pas armé pour se défendre. Les balles tombaient comme la neige. La maison de notre voisin a été brûlée par un obus tombé. Puis les autres maisons ont commencé à brûler, un, deux, trois…à Kohné Khodjaly, à Galadereci…

Les gens étaient dans une situation embarrassante et ils ne savaient que faire, où aller. Les cries venant de Kohne Khodjaly s’approchaient. Soudain plus de 2000 personnes sont apparues derrière les maisons. « Où allez-vous ? », j’ai demandé. Ils m’ont dit que les arméniens ont occupé leur village et qu’ils veulent aller à Aghdam, en traversant les montagnes et les forêts. J’ai appelé les gens à la cave et nous avons aussi joint ces personnes. En se sauvant des balles, nous sommes sorti du village. Bientôt, on est arrivé au bord de la rivière. Il faisait très froid. Les derniers jours le niveau de la rivière a été augmenté. Mais il n’y avait aucune solution, on devait passer le fleuve. J’ai ôté mes chaussures, et j’ai passé la rivière, mais les autres n’ont pas ôté les chaussures, car on n’avait pas le temps. Puis on a commencé à monter la montagne. La montée était très verticale et on tombait souvent. Personne ne connaissait la route. J’ai voulu aidé à un vieil homme qui est tombé devant moi, mais c’était très tard, parce qu’il était déjà mort.

Lors on est arrivé à la route basse, nous avons attendu les autres personnes et nous avons pris la route de Nakhchivanik. Soudain un transport à chenilles a apparu sur la route et il a commencé a tué les gens. On ne pouvait pas même se cacher, parce que la route a été couverte de buissons. Avec une grande difficulté, on a pu passer à un autre côté de la route, mais ici une surprise nous attendait. Une voiture policière arménienne était devant nous et ils ont commencé à nous tuer. Les gens courraient. J’ai caché mes enfants dans une vallée. Heureusement, la balle ne m’a pas touché. A côté de nous, j’ai remarqué notre voisine, la tante Gullu avec son fils Chohret. Ils étaient morts, tous les deux. Zohré et Nesibé, les deux filles de mon voisin, ont voulu descendre à la vallée où je me suis caché, mais la voiture de chenilles a tué ces jeunes filles. C’était horrible !

J’ai entendu la conversation en russe et en arménien :

-Davay, peryod, yechyo, chut-chut davay ! (Allez, avancez, venez….)

-Ay tork, hara qachirsan, gel boura, machina. (Où- tu cours, le turque, vient à la voiture).

A côté de nous il y’avait une grosse femme. Elle était blessée. Elle demandait l’aide :

-Je vous prie, ne me laissez pas ici. Mais tout le monde ne pensait qu’à se sauver et je l’ai calmé en disant que les nôtres allaient venir.

Il neigeait. Nos pieds avaient froid. Nos chaussettes étaient gelées. On a entendu une voix du village Chélli :

-Allons aider les gens, il y’a beaucoup de blessés et des morts dans le forêt. Ismayil cherchait ses enfants, mais personne n’a pas donné une nouvelle de ses enfants. Un peu loin de nous, une petite fille criait :

-Papa vient, maman, ma sœur, mon frère, tous sont morts. C’était la fille de Telman.

Il neigeait encore. Trois personnes sont apparues sur la colline en face. Ils parlaient en azéri. Je les ai appelé.

-N’aies pas peur, mon frère, c’est nous, les azéris.

Quand on a descendu dans la vallée, les centaines personnes se couchaient dans la terre. D’abord nous avons pensé qu’ils veulent se défendre de l’ennemie, mais quand nous nous sommes approché, on a vu qu’ils sont morts…

Les soldats de l’armée nationale azerbaïdjanaise répondaient aux arméniens, mais les forces armées de l’ennemie étaient trop. Nous sommes orientés vers les voitures, un jeune homme portait une petite fille blessée sur ses bras, c’était la fille de Telman, un autre jeune emmenait sa sœur blessée sur ses dos. Il était fatigué et il priait que nous l’aidons. Et la route s’allongeait…

 Je suis le témoin vif du génocide de Khodjaly commis par les arméniens. Je n’oublierai jamais cette horreur.